Les premières grandes vacances sans les enfants. Nous décidâmes pour celles-ci de faire un petit voyage à vélo d’une dizaine de jours en Bretagne. Nous avions prévu de partir de Nantes et de prendre la Vélodyssé qui suit une bonne partie du canal de Nantes à Brest et de voir, selon le temps restant, sur le canal, la direction à prendre : soit bifurquer pour Quiberon, soit pour Lorient, puis retour à Nantes par le littoral. Au regard du temps imparti, il nous a semblé dès le début que Brest ou Roscoff étaient des destinations inatteignables. Nous n’avions pas préparé les étapes ; nous avons décidé de vivre le jour au jour et de nous adapter aux circonstances.
Le voyage a été préparé, grossièrement, au dernier moment, une fois entendu que les filles partaient chacune de leur côté : Tess à l’Île d’Oléron et Fanny au Canada. Il n’y eu évidemment plus de train avec vélo de disponible pour Nantes si ce n’est en partance de Saint Gilles Croix-de-Vie, en Vendée. Aussi nous avons décidé de déposer notre voiture chez Christelle et Jérôme, des amis, qui ont une maison de vacances là bas et, par la même occasion, d’en profiter pour les voir.
Pour ce voyage, pour la première fois, Laurence sera en VAE tandis que je resterais en vélo musculaire. Ce sera donc aussi un voyage test. Une expérimentation. C’est aussi pourquoi elle portera plus de bagages que moi et, pour ce faire, nous avons acheté des sacoches de 35L pour son vélo, donc des sacoches assez grandes. Elle portera environ 16Kg et moi 10Kg.
Les trois premiers jours du voyage ont été sous un temps pluvieux et venteux avec un jour de pluie discontinue. Dans notre chance, nous avons pu avoir des logements en dur pour nous protéger du mauvais temps et ainsi éviter de déplier et replier la tente sous la pluie. Pédaler dans ces circonstances n’étaient pas des plus agréables mais au moins, sur le canal, nous n’avions pas à subir en sus les voitures. Face aux intempéries, nous nous sommes organisés de la manière suivante : Laurence à l’avant et moi à sa roue arrière pour me protéger du vent et profiter de sa vitesse … et en contre-partie j’essuyais toute la boue et les gravillons projetés de ses roues. C’est une technique que nous avons par la suite aussi adopté au cours du voyage pour me permettre de me reposer tout en pédalant.
Les jours suivants ont été plus cléments pour devenir par la suite ensoleillés. Nous avons pu alors dormir sous la tente. Nous avons fais en moyenne 63Km par jour. En général, nous partions assez tôt le matin, vers 09H (10H pour certains jours où nous traînions) et nous nous arrangions pour nous arrêter dans un camping entre 17H00 et 18H00. Vers midi, nous déjeunions dans un village ou une ville et nous en profitions pour visiter les lieux avant de repartir.
A Pontivy, nous décidâmes de prendre la direction de Lorient, par la piste clyclable et pédestre le long du Blavet. Puis de Lorient, prendre un bateau pour passer de l’autre côté du fleuve, à Port-Saint-Louis, et de suivre le littoral sur la V45. Arrivé à Kerhillio, nous avons choisi de prendre la baie du Morbihan par son versant nord afin de visiter Vannes que nous ne connaissions pas. De plus, nous avions déjà été en vacances au sud de la baie avec les enfants, en 2013.
Il y eu trois occasions de rester plus longuement dans des villes :
- La Gacilly : nous avons fait un détour pour visiter ce village qui a vu naître et vivre Yves Rocher, et profité par la même occasion du festival de photographie qui s’y tenait. On aurait bien voulu y rester plus longtemps mais nous n’avons pas trouvé d’hébergements de disponible à proximité.
- Lorient : nous avons décidé de camper à un camping de Larmor-Plage deux nuits et découvrir le Festival Interceltique qui s’y déroulait.
- Vannes : nous avons campé là aussi deux nuits à Arradon pour visiter Vannes et pour nous baigner dans la baie.
A Vannes, nous avons appris que Tess passait chez mes parents et qu’elle aimeriez bien nous voir avant de repartir à Montpellier. Aussi, nous décidâmes d’écourter notre voyage pour pouvoir aussi passer du temps avec Jérôme, Christelle et Paul. C’est ainsi que nous prîmes la décision de revenir à Redon afin d’y prendre le train pour Nantes et de Nantes celui pour Saint Gilles Croix-de-Vie. Mais une étape supplémentaire est néanmoins nécessaire : nous avons hésité entre La-Roche-Bernard et Rochefort-en-Terre. Notre cœur bascula pour Rocherfort-en-Terre, un des plus beaux villages de France.
Comme un clin d’œil à notre début de voyage, nous partîmes de Vannes sous une pluie battante qui n’annonçait pas de répi. Face à la situation, nous décidâmes de téléphoner au camping de Rochefort-en-Terre pour réserver un abri en dur pour la nuit. Mais il n’en disposait pas. Aussi, nous avons contacté le camping municipal de La-Roche-Bernard qui lui, par chance, avait une cabane de libre (la niche du chien comme l’a surnommé Laurence). Nous changeâmes donc notre destination et nous prîmes la direction de La-Roche-Bernard. L’averse était telle qu’arrivés à Muzillac à l’heure du déjeuner, nous étions trempés dessous même nos imperméables. Et, au restaurant, je dégoulinais tant d’eau qu’une des serveuses est venue essuyée la flaque qui s’était formée autour de ma chaise !
Heureusement pour nous, notre voyage de retour à Redon s’est fait quant à lui sous un radieux soleil. Dommage que nous n’avons pu en profiter. En effet, nous avions réservé notre train la veille par Internet et il s’est avéré que nous avions sous-estimé le temps du trajet pour Redon via la V42 ; je n’ai jamais été autant si vite en vélo-voyage et si longuement !