Pour la première fois, je pars en vélo itinérant non pas avec Laurence, qui préfère concerver ses jours de congés pour les vacances d’été, mais avec un ami, Alain. Nous décidons tous les deux de partir 4 jours en avril faire la Dolce Via en partance de Valence jusqu’à Saint-Agrève, puis de redescendre par Lamastre à Tournon-sur-Rhône pour enfin revenir à Valence. La Dolce Via est une véloroute au coeur de l’Ardèche qui commence à La Voulte-sur-Rhône, sur la ViaRhona, au sud de Valence. Elle occupe l’ancienne voie ferrée qui reliait la vallée du Rhône à Saint-Agrève et à Lamastre de 1891 à 1968. Sa pente est donc plutôt douce, ne dépassant pas les 5%. Elle se divise à Le Cheylard en deux trajets possibles : l’un monte jusqu’à Saint-Agrève, à 1050m d’altitude, et l’autre coupe en direction de Lamastre. Cette dernière est connue pour son train touristique, le Mastrou, qui la relie à Saint-Jean-de-Muzols.
Pour ce voyage, j’ai décidé de prendre cette fois-ci un appareil à photo argentique et non pas numérique et des pellicules Illford HP5. C’est un petit 24x36, un télémétrique, le Canonet QL 17 III, un appareil des années 70 que je prend avec moi. Malheureusement, je n’ai pas apporté suffisamment de films. Et j’ai eu, en début de voyage, un petit soucis avec l’appareil qui fait que je n’ai pas pu prendre des photos de notre première journée. J’ai pu toutefois trouver un réparateur de téléphone mobile et d’électroménager à La Voulte-sur-Rhône qui a réussi à me réparer le boitier.
Si ce périple a mis du temps à paraître, c’est que je développe moi-même mes pellicules et réalise les tirages. D’où le noir et blanc, plus facile à développer et à tirer. Les images ici sont issues de la numérisation de mes tirages réalisés sur du papier Illford Multigrade RC Perlé 18x24cm. J’effectue mon travail argentique, une fois par semaine environ, au laboratoire de l’association de photographie argentique Imago Lucis.
Le 22 avril 2025, nous prenons le train de Grenoble avec nos vélos direction Valence. Alain est équipé de son VAE, moi de mon vieux vélo musculaire ; aussi je décharge une partie de mes bagages sur son vélo. De Valence, nous suivons la ViaRhona jusqu’à La Voulte à partir duquel nous empruntons la Dolce Via. Nous nous arrêtons à Saint-Sauveur-de-Montagut planter la tente pour notre première nuit. Nous avons froid. Le matin est bien frais avec ses 4° et surtout humide (nous sommes près de l’Eyrieux, une rivière qui se déverse dans le Rhône).
Le lendemain nous partons direction Saint-Agrève. Le temps est maussade. A partir du Le Cheylard nous roulons tantôt sous le crachin, tanttôt sous la pluie. C’est à partir de là que la véloroute devient surtout un chemin de terre caillouteux avecv une pente plus forte. Nous arrivons le soir à Saint-Agrève sous une averse, tant et si bien que nous décidons de dormir la nuit à l’hôtel. Un premier hôtel, à l’ancienne gare ferroviaire, n’a plus de places mais il nous redirige vers un autre où il reste encore des chambres. De plus, il a un accueil vélo. Nous y arrivons avec nos vêtements de pluie trempés !
Le 24 avril, nous partons à 9H après un bon petit déjeuner. La Dolce Via est terminée. Nous empruntons chemins et route direction Lamastre, sous un ciel nuageux. Le GPS sur ma montre nous est d’une aide précieuse, même si nous loupons, parfois, des bifurcations. Nous passons par ci, par là, par des hameaux. Le paysage est beau. Nous visitons quelques villages typiques ainsi que Lamastre. A partir de cette ville, nous empruntons des routes qui longent, peu ou prou, la voie ferrée touristique jusqu’à Boucieu-le-Roi, un village médiaéval, ancienne capitale du Vivarais. Nous nous y arrêtons planter notre tente pour la nuit.
Dernier jour. Le levé est froid et bien humide (nous avons dormi près d’un cours d’eau). Nous partons sous un ciel enfin ensoleillé direction Tournon-sur-Rhône récupérer la ViaRhona. La route, comme la veille, est essentiellement en descente mais connait aussi quelques belles montées. Nous nous arrêtons à Tournon-sur-Rhône visiter la ville historique avant de prendre la ViaRhona jusqu’à Valence. A Valence nous prenons nos billets de TER de retour et nous attendons notre train dans un café en face de la gare.